16 novembre 2002

Lorsque les arbres vous regardent sans que vous le sachiez

Le photographe Bernard Marenger présente une

exposition étonnante au Vieux-Presbytère

Photographe professionnel depuis plus de 30 ans, particulièrement dans le domai-ne de la publicité, Bernard Marenger laisse maintenant vagabonder son imagination sur la pellicule, et ce, au plus grand plaisir des visiteurs qui se rendront voir son exposition intitulée « Double masque », présentée au Vieux-Presbytère à partir du 24 novembre.

Dans Double Masque, B. Marenger fait parler des arbres, ceux notamment, coïnci-dence, du boisé Tailhandier à Saint-Bruno, même si certains clichés ont été pris au pied du Mont-Saint-Hilaire. Mais comment l'artiste réussit-il à donner vie à ses arbres ? Chaque oeuvre du photographe est construite à partir d'une même image renversée. En choisissant soigneusement ses sujets, et en effectuant une prise de vue rapprochée du tronc, on y découvre avec étonnement, un visage, des yeux expressifs. Un masque invisible semble soudain émerger.

Sur les 18 photos en noir et blanc exposées au Vieux-Presbytère, on ne peut que faire le même constat. Les arbres de Bernard Marenger semblent être issus d'une forêt magique. Qui plus est, l'artiste, muni de son appareil photo, semble être le seul à pouvoir percevoir ces signes distinctifs façonnés sur l'écorce. Alors que le promeneur traverse la forêt insouciant, il ne se doute pas que les arbres le regardent.

"Au début, je ne prenais pas de point de repère. Je me rendais dans la forêt et je trouvais l'arbre que je voulais photographier. Mais parfois je devais revenir en raison des conditions d'éclairage. Rendu de nouveau sur place, je n'arrivais plus à me souvenir où se trouvait mon arbre. Depuis, je prends des notes", dit Bernard Marenger en riant.

Aucune retouche n'est réalisée par la suite. Le photographe emploie, diront déjà certains, un bon vieil appareil photographique 35 mm. Il effectue le développement du négatif, développe par la suite ses photos, sans modifier le grain et le contraste. Pas d'effets spéciaux sauf, bien sûr, pour créer un effet miroir à chacune de ses images.

Le résultat est probant. Les photos nous parlent, nous regardent. Impossible par la suite de ne plus regarder les arbres de la même façon.

"Ma passion et mon amour pour les arbres n'ont fait que croître au fil des années. Cela m'a permis de voir, non seulement une facette cachée de la forêt, mais aussi une double dimension de la nature. C'est cette même nature qui m'a offert ce double masque que l'on perçoit sur chacune de mes photos."
Bernard Marenger a débuté dans le plus grand studio de photographie publicitaire à Montréal, pour ensuite ouvrir le sien au centre-ville de Montréal. Il a collaboré à plusieurs campagnes publicitaires au Québec pour des clients aussi prestigieux que Postes Canada, Imperial Tobacco, Labatt, et Rona.

L'exposition "Double masque" se poursuit jusqu'au 8 décembre, du mercredi au dimanche, de 13 h à 16 h 30. Le Vieux-Presbytère est situé au 15, rue des Peupliers, à Saint-Bruno. (DP)

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